Pour l'abbé de Nantes, la Vierge Marie est la Sagesse éternelle, non pas par analogie, mais réellement, existentiellement. Elle est un Etre divin, préexistant de toute éternité au sein de la Trinité. La Colombe de l'Esprit Saint, c'est Elle. Elle est la Fille de Dieu, vivant des noces éternelles avec le Fils de Dieu sous le regard du Père.
Cette présentation raccourcie de l'enseignement de l'abbé de Nantes que nous allons détailler maintenant, nous permet dès à présent de mesurer les enjeux théologiques d'une telle gnose.
La Sagesse éternelle serait la Vierge Marie en personne
Ce que dit l'abbé de Nantes
Nombreux sont les écrits, les conférences, les retraites, ou encore les homélies, où l'abbé de Nantes parle de la Sagesse comme de la Vierge Marie. Sa lettre de septembre 1978 (1) nous offre un bon exemple de sa manière d'expliquer comment il a découvert que la Sagesse, c'est la Vierge Marie.
Commentant les récits de Soloviev (2) qui dit que "la Sagesse s'est manifestée à lui sous la forme d'un être féminin absolument céleste qui l'a ébloui et illuminé en profondeur", l'abbé poursuit en citant quelques passages du livre de l'Ecclésiastique ou des Proverbes présentant la Sagesse comme celle qui "vient au devant de l'homme comme une mère, comme une épouse vierge" (3).
Puis il accentue la personnalisation de la Sagesse, en reprenant un vocabulaire marial : "Elle est vierge, elle est exempte de désirs terrestres, elle est belle pour Dieu et pleine de grâces pour ceux qui la contemplent" (4).
Ensuite il décrit cette Vierge avec un vocabulaire attribué normalement au Fils de Dieu, mais cette fois au féminin: "Elle se proclame fille de Dieu [.] La première révélation est celle du mystère paternel, car la Sagesse est fille de Dieu , et nous tous en elle et par elle. [.] Âme du monde, cette Sophia, fille et image révélatrice du Père. [.] Sophia est femme [.]. Elle est fille de Dieu et reconduit les enfants prodigues à leur Père" (5).
Cette "fille de Dieu" est une épouse, tout autant qu'une Mère créatrice (6) : "Sophie, fille de Dieu, participe en quelque manière à l'Etre, et à la splendeur de son Père, et elle est en attente, en désir d'une union à lui plus étroite, d'une ressemblance avec lui parfaite [.] Elle est comme une fille en attente d'être femme, une femme en attente d'être épouse, une épouse qui veut être mère. C'est l'Âme du monde, c'est la Vierge sage.". C'est la "Sagesse Mère qui enfante par Dieu et pour Dieu des formes neuves, inouïes, jusqu'au jour où son ultime désir qui est aussi celui du Créateur, se réalisera, d'enfanter Dieu !" (7).
L'abbé de Nantes esquisse ensuite le couple céleste du Fils et de la Fille de Dieu : " [.] la première femme en attente d'une conception miraculeuse, ultime, celle de l'Homme parfait, ouvre unique de Dieu, en qui habite la plénitude de la divinité. [.] C'est l'exaltation de l'homme dans la femme, accomplissant toute son attente, de l'homme fils de Dieu dans le sein de la fille de Dieu devenue son épouse, de Dieu dans sa création, du Verbe dans la chair " (8). D'un coté, il y a "la Sagesse féminine - la Vierge Marie - en attente de l'initiative d'amour de l'Epoux", et de l'autre, "l'Homme-Dieu, le Verbe divin Créateur, la Semence mâle dont toute beauté, toute vie, toute sagesse proviennent ". C'est un "mystère nuptial" (9).
Mais l'abbé n'ignore pas que l'Eglise a toujours vu dans la Sagesse le Verbe (10), et parfois le Saint-Esprit (en tant qu'Esprit de sagesse (11)), mais jamais la Vierge Marie. Alors l'abbé sort de l'impasse en déclarant : "la Sagesse est maintenant une et double, elle est homme et femme, fille de Dieu et fils de Dieu, en l'amour desquels confluent toutes les énergies et forces du Créateur et de la créature. LUI est la Sagesse même de Dieu, toute puissante, le LOGOS, le Verbe, la Semence de toute vie et grâce, ELLE est la SOPHIA, la Beauté, rendue par Lui dans l'amour mutuel parfait, vierge, épouse, et mère d'un genre humain nouveau" (12). Et un peu plus loin, il associe le couple SOPHIA et LOGOS, à celui de la Vierge humaine et de son Enfant-Dieu.
Le vrai sens de la Sagesse
Pour retrouver le vrai sens de la Sagesse, nous citerons un des plus grands auteurs sur la Vierge Marie, fréquemment cité par l'abbé de Nantes : saint Louis-Marie Grignon de Montfort, dans son traité sur l'Amour de la Sagesse éternelle.
"La vraie sagesse - écrit saint Louis-Marie - se distingue en sagesse naturelle et surnaturelle. La sagesse naturelle est la connaissance des choses naturelles d'une manière éminente dans leurs principes. La sagesse surnaturelle est la connaissance des choses surnaturelles et divines dans leur origine. Cette sagesse surnaturelle se divise en sagesse substantielle et incréée, et en sagesse accidentelle et créée. La sagesse accidentelle et créée est la communication que fait d'elle-même aux hommes la Sagesse incréée, autrement (dit) c'est le don de la sagesse. La sagesse substantielle et incréée est le Fils de Dieu, la seconde Personne de la très Sainte-Trinité , autrement (dit) la Sagesse éternelle dans l'éternité, ou Jésus-Christ dans le temps" (13).
S'il est vrai que saint Louis-Marie Grignon de Montfort personnifie amplement la Sagesse, avec un langage féminin, à aucun moment il ne l'identifie avec la Vierge Marie. Les passages sur l'Incarnation et l'Eucharistie sont très explicites. La Sagesse, c'est Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme : "La sagesse éternelle, pour s'approcher de plus près des hommes et leur témoigner plus sensiblement son amour, est allée jusqu'à se faire homme, jusqu'à devenir enfant, jusqu'à devenir pauvre et jusqu'à mourir pour eux sur la croix (14) [.] Voulant d'un côté montrer son amour pour l'homme jusqu'à mourir en sa place afin de le sauver, elle trouve un secret admirable pour mourir et vivre tout à la fois, et demeurer avec l'homme jusqu'à la fin des siècles : c'est l'invention amoureuse de l'Eucharistie" (15).
Quand au rapport entre la Vierge Marie et la Sagesse, nous lisons : " Enfin le temps marqué pour la rédemption des hommes étant arrivé, la Sagesse éternelle se fit elle-même une maison, une demeure digne d'elle : Sapientia aedificavit sibi domum (Pr 9,1) . Elle créa et forma la divine Marie, dans le sein de sainte Anne, avec plus de plaisir qu'elle n'avait pris en créant l'univers" (16) ; ou encore : "Chose étonnante, cette Sagesse, du sein de son Père, voulant descendre dans le sein d'une Vierge [.] pour se donner tout à elle en se faisant homme en elle." (17).
Ainsi, "Dieu créa l'âme la plus parfaite qu'il eût jamais créée. La Sagesse éternelle ou le Fils de Dieu s'unit, en vérité de personne, à ce corps et à cette âme. [.] Le Verbe s'est fait chair ; la sagesse éternelle s'est incarnée. Dieu est devenu homme, sans cesser d'être Dieu ; cet Homme-Dieu s'appelle Jésus-Christ, c'est-à-dire Sauveur" (18).
Nous pourrions nous rapporter également aux admirables pages de Saint Augustin (19) sur ce sujet. Pour ce dernier, Dieu est pure Sagesse. Le Père l'est comme son Fils, et l'Esprit comme eux. Mais seul le Verbe est la Sagesse comme exprimée et donc comme principe de la révélation qui est précisément l'expression pour les hommes de la Sagesse de Dieu. Il est la "Sagesse engendrée".
Cette erreur d'interprétation de l'abbé de Nantes dans sa personnification de la Sagesse est à la base de toute sa doctrine mariale dite "mystique", que nous allons étudier maintenant.
La remise en cause des dogmes sur la Vierge Marie 
La vierge Marie serait préexistante de toute éternité
Selon l'abbé de Nantes, se servant toujours des écrits sapientiaux
(20), la Vierge Marie préexisterait comme créature personnelle, spirituelle, au Ciel avant la création du monde. Elle serait de toute éternité.
Il recommande ainsi en 1994 d'" aimer en la bienheureuse Vierge Marie, sa préexistence mystérieuse au Cour des trois Personnes divines, concrètement évoquée par la prière liturgique de l'Eglise, réduite à une idée divine éternelle par les théologiens frileux, conçue par nous comme une créature spirituelle douée déjà d'existence parfaitement personnelle et tout enfouie dans la lumière de Gloire de l'amour divin" (21). Ce que l'abbé n'osait pas écrire trop explicitement en 1978, est seize ans plus tard affirmé sans aucune ambiguïté.
Et nous pourrions multiplier encore les citations sur ce thème. "Ce Dieu dont l'Amour infini se porte de toute éternité sur ELLE." (22) aurait écrit la Bible pour la Vierge Marie : "de la Genèse à l'Apocalypse, toute la Bible n'est-elle pas écrite pour Elle ? En effet Dieu est l'auteur de l'une et le créateur de l'autre, de toute éternité, par Amour" (23).
C'est encore pour la Vierge Marie, que Dieu a créé le monde : "c'est à partir d'Elle, c'est à cause d'Elle, c'est pour Elle que toute l'Ecriture a été faite. C'est pour Elle que tout le monde a été fait " (24).
Affirmer la préexistence "parfaitement personnelle" de la Vierge Marie, de toute éternité, bien avant la création du monde, en faire ainsi une "créature divine", remet en cause les dogmes les plus fondamentaux sur la Vierge Marie. C'est ce que nous allons développer maintenant.
Le dogme de l'Immaculée Conception est dénaturé
L'Eglise a toujours enseigné que Marie fût conçue corps et âme, dans le sein d'Anne sa mère. La Vierge reçut comme une grâce prévenante et toute puissante "in primo instanti conceptionis suae" - dit le dogme (25) - d'être préservée de la tache originelle, de telle sorte que le privilège couvre ce moment unique de la création de l'âme par Dieu et de la conception simultanée, sainte entre toutes, de l'enfant de Joachim et d'Anne. C ette ouvre divine entre toutes marque déjà dans le temps, la victoire de Dieu sur le démon. Elle est une ouvre rédemptrice réalisée en prévision des mérites de Jésus-Christ, ouvre féconde et sainte de saint Joachim et de sainte Anne, issus de la lignée d'Abraham pour l'accomplissement des promesses.
Admettre en effet l'existence d'une âme séparée d'une Femme éternelle qui serait la Vierge Marie, c'est rejeter tout l'Ancien Testament, toute la théologie de Saint Paul et de Saint Jean, tout l'Evangile. C'est également admettre que Marie n'avait pas besoin d'être rachetée. Cela contredit la véritable portée salvifique de l'Immaculée Conception.
Il n'y a bien qu'une seule Vierge Marie, Notre Dame, corps et âme, qui rachetée admirablement et la première de toutes les créatures, est reine des anges et des hommes dès le premier instant de sa conception (corps et âme), voulue de toute éternité par Dieu. Tel est le dogme.
Saint Epiphane de Salamine écrivait : "Marie n'est point née en dehors des règles ordinaires de la nature, mais, comme toute créature humaine, de la semence d'un homme et du sein d'une femme." On ne peut être plus précis !
Marie n'est plus la "teotokos" (Mère de Dieu) du dogme (26) catholique
Avec une âme séparée, éternelle, la Vierge Marie vivant selon l'abbé de Nantes, une "
sponsalité originelle "
(27), un "
rapport conjugal éternel"
(28) avec le Fils, c'est toute la maternité divine qui est dévaluée. La naissance même du Fils de Dieu dans la chair se transforme ainsi en "
nuit nuptiale"
(29).
Nous sommes bien éloignés de cette " teotokos " (Mère de Dieu), femme sainte, corps et âme, de nature humaine complète, bénie entre toutes les femmes, qui de ses chastes entrailles, de son corps sacré, toujours vierge, enfanta le Fils de Dieu, Dieu lui-même, Verbe fait chair, corps et âme, nature humaine complète et nature divine.
Le dogme de la glorieuse assomption est anéanti
La montée au ciel dans son âme et dans son corps de la Vierge Marie en tant que première des créatures rachetées perd tout son sens si nous admettons que la Vierge, en âme séparée, créée de toute éternité, a connu la gloire antérieurement. Que peut lui rajouter une gloire postérieure ?
Une objection doit cependant être traitée ici: qu'en est-il alors de la gloire du Christ après l'Ascension ? Le Verbe de Dieu est consubstantiel au Père. Quand Il s'incarne, sa sainte humanité qui n'est pas préexistante, connaît, corps et âme, après sa passion, son exaltation dans la Gloire. Ainsi l'Homme-Dieu connaît dans son humanité la gloire divine qu'avant tous les siècles, Il connaissait et connaît auprès du Père en tant que Fils de Dieu. Cette gloire, Il l'a réclamée dans une humaine et divine prière (30), comme une juste récompense pour son âme et son corps. Il l'a réclamée aussi et pareillement pour les siens, ceux que le Père lui avait donnés. Et la première de tous, était et reste sa Mère.
A la fin de sa vie terrestre, la chair incorruptible de la Sainte Vierge demeurait toujours le Temple du Saint-Esprit, le siège de la divinité, non point par union hypostatique, mais par grâce. Elle est ainsi toute entière ouvre de la grâce, de son immaculée conception à sa mort incorruptible. C'est là précisément toute sa gloire, et elle n'en réclame point d'autre. Et la grâce suprême qui lui fut accordée fut d'être élevée et exaltée, elle, créature humaine, dans le sein même de la Divinité, en son âme et en son corps, in anima et corpore - dit le dogme (31) - suivant ainsi son Fils bien-aimé dans sa gloire. Cette élévation se fit par grâce, par assomption et non point par ascension, c'est à dire par nature. D'un côté, la Vierge a été élevée (formule passive), et de l'autre, le Fils s'est élevé (formule active). Et si la Vierge Marie a été élevée in anima et corpore - et c'est tout le sens du dogme de l'Assomption - c'est précisément parce qu'elle n'a point connu cet état violent d'une séparation longue et en apparence définitive de l'âme et du corps : la mort. Son âme fut séparée le temps d'un instant, peut-être, mais surtout pas par une séparation prolongée comme pour les autres créatures humaines.
Même les saints dans le ciel, qui goûtent dans leur âme séparée la béatitude promise, souffrent de l'incomplétude de leur nature, en attendant la résurrection de leurs corps. Car nous ne sommes pas faits pour être des âmes séparées, ni la Vierge, ni nous. Une âme est faite pour animer un corps, c'est sa définition même.
La divinisation de la Vierge Marie 
L'abbé de Nantes divinise la Vierge Marie et lui donne le nom de Dieu. "Conçue par Dieu, en Dieu, de Dieu, l'Immaculée Conception est du ciel, comme Elle l'a dit à Fatima, plus divine qu'humaine" (32). La Vierge dit en effet à Sainte Bernadette : "Je suis l'Immaculée Conception". Comme jadis Yahweh à Moïse, elle dit "JE SUIS"" (33). la Vierge Marie se présente donc "comme Yahweh", avec son nom. Elle s'identifie elle-même à Dieu : "[.] l'impression profonde de ce "JE SUIS ", dit par la Vierge Marie. "JE SUIS", Nom divin inclus dans la prosopopée de la Sagesse, au livre des Proverbes, affirmant la préexistence de la Sainte Vierge ! " (34).
Donner le nom de Dieu à la Vierge Marie est inacceptable, car le nom de Dieu est réservé à Dieu seul. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique le rappelle (35) notamment au numéro 213 : "La révélation du nom ineffable "Je suis Celui qui suis" contient la vérité que Dieu seul EST. C'est en ce sens que déjà la traduction des Septante et à sa suite la Tradition de l'Eglise, ont compris le nom divin : Dieu est la plénitude de l'Etre et de toute perfection, sans origine et sans fin. Alors que toutes les créatures ont reçu de Lui tout leur être et leur avoir, Lui seul est son être même et Il est de Lui-même tout ce qu'Il est."
L'abbé de Nantes transgresse aussi le deuxième commandement du décalogue consacré au Nom sacré de Dieu : "tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux" (36). Faire dire à la Vierge Marie le "JE SUIS" (37) est en effet objectivement un abus contre le nom divin (38).
La Vierge Marie serait l'Esprit-Saint 
L'abbé de Nantes fait une soigneuse confusion entre la Sagesse Divine, l'Esprit-Saint, et la Vierge Marie (39). Cette Femme en Dieu de toute éternité, "divine", la Sainte Vierge, a été dotée d'un âme éternelle, dite "le réceptacle", le vase, l'habitacle de l'Esprit saint. La Colombe (40), c'est donc bien elle. Elle ne l'est pas en figure, en allégorie, en analogie. Elle l'est réellement, absolument, existentiellement. Ainsi peut-il écrire pour la fête du 8 décembre 1994, que "la contemplation de la Columba formosissima, à l'aurore de ce premier jour était un ravissement" (41). Elle est l'Esprit d'Amour créateur. La Vierge Marie est cet Esprit-Saint féminin, cette Femme éternelle ; elle est la Fille éternelle du Père, la Colombe (42). Toutes ces propositions sont bien évidemment inacceptables.
Pour Saint Maximilien Kolbe ou Saint Jean de la Croix (dont les noms sont souvent cités par l'abbé de Nantes), la Vierge Marie fut le Temple immaculé du Saint-Esprit, corps et âme, mais jamais comme âme séparée. Si la Vierge Marie est dite "la Colombe", ce ne peut être que de manière imagée. Notons au passage qu'un autre prêtre s'était aventuré il y a quelque années, à expliquer que Marie était une incarnation de l'Esprit-Saint. Il fut condamné par l'Eglise. Il s'agit du Père Leonardo Bof, l'initiateur de la théologie de la libération.
Un nouveau culte pour une Déesse mariale 
Si la Vierge Marie est une Personne divine, son culte s'en trouve modifié. Ainsi selon l'abbé de Nantes, nous devons aimer Marie à la première place, avant Dieu lui même. Et ceci n'est pas nouveau à la Contre-Réforme-Catholique, puisque l'abbé de Nantes écrivait déjà en 1977 du Canada : "
Je veux tout simplement placer dorénavant la Sainte Vierge Marie absolument au-dessus de toutes mes affections de cour, de toutes mes convictions et pensées, de toutes mes ouvres extérieures et de tous mes désirs. Qu'on n'objecte pas l'amour de Dieu lui-même qui devrait de toute manière passer tout premier et prendre toute la place. C'est précisément dans le rejet de cette objection que consiste le caractère nouveau, surprenant, bouleversant, de cette dévotion qu'enfin je ne boude plus, que je veux faire mienne."
(43).
Cette dévotion est bien évidemment contraire à l'enseignement de l'Eglise (44) et des Saintes Ecritures. Ainsi quand on pose à Jésus la question : "quel est le plus grand commandement de la Loi ?" (45) , Jésus répond : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cour, de toute ton âme et de tout ton esprit ; voilà le plus grand et le premier commandement" (46). Ou encore il est écrit : "C'est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte" (47). Et ne récitons-nous pas dans notre acte de Charité : " Mon Dieu, je vous aime de tout mon cour, et plus que tout. " ?
Si nous écoutons l'abbé de Nantes, notre premier regard et notre premier élan du cour qui devraient aller vers Dieu, sont orientés prioritairement vers Marie. C'est bien évidemment l'opposé de ce que veut la Vierge Marie pour nous, et de ce que nous enseigne l'Eglise.
L'abbé de Nantes peut ensuite conjuguer cet "Amour prioritaire" sous différentes formes. Il modifie par exemple le texte du "Je vous salue Marie", en remplaçant la formule de salutation de l'ange Gabriel (48) par l'expression "je vous aime ô Marie" (49). Pour se justifier, l'abbé de Nantes explique que le "Je vous salue Marie" (50) est "plat et sans saveur, insignifiant et médiocre" (51), tandis que son "Je vous aime" est "admirable, d'une richesse insondable, enfin savoureux" ! Ainsi les paroles mêmes que l'ange Gabriel adresse à Marie, l'abbé de Nantes se permet de les qualifier de "sans saveur, insignifiant et médiocre !".
Dans sa lettre (52) d'octobre 1982, il fait de même tout un soigneux parallèle entre la prière du "Notre Père", et celle du "Je vous salue Marie". Et nous pourrions citer encore de nombreux exemples du même ordre.
Le mariage mystique entre Jésus et Marie 
Un couple céleste formé d'un Eternel masculin et d'un Eternel féminin
Selon l'abbé de Nantes, tout comme il y a un Eternel féminin en la troisième personne de la "Trinité " : la Fille de Dieu, il y a un Eternel masculin en la deuxième personne : le Fils (53).
La Sainte Trinité est donc ainsi composée du Père, et d'un couple masculin-féminin, Fils-Esprit Saint, Christ-Marie, Verbe-Femme. Il s'agit en fait d'un couple originel sorti du "Père origine" (54). Ce couple est bien un couple de deux personnes ayant chacune leur propre nature spécifique : une nature masculine pour le Fils, et une nature féminine pour "la Fille".
Ces deux natures étant complémentaires, elles sont appelées à une relation, à un échange spécifique, à un Amour éternel unissant l'Eternel masculin et l'Eternel féminin dans des noces éternelles. Et cet Amour s'exprime dans un baiser mystique (55) éternel entre le Fils et la Vierge Marie, sous les yeux du Père !
Ce couple éternel est ainsi le modèle mystique de tous les couples, c'est-à-dire le modèle exemplaire des amours et des baisers mystiques (56).
Pour mieux incarner sa doctrine, l'abbé de Nantes n'hésite pas non plus dans de longs développements (57) à comparer l'amour du roi David pour sa Vierge servante Abisag à cet Amour céleste qui unit Jésus à la Vierge Marie.
Ce que l'Eglise enseigne
L'Eglise a déjà parlé de "nuit nuptiale" entre Jésus et Marie, mais dans un sens bien différent. La naissance même du Fils de Dieu dans la chair, cette naissance virginale sur laquelle l'Eglise depuis toujours, à la suite des Evangélistes, jette des regards de contemplation d'une délicatesse infinie, peut être exprimée d'une manière véritablement mystique - l'Eglise l'a chantée - sous l'image d'une nuit nuptiale. Mais en aucun cas, il n'existe en Dieu de couple éternel, sorte d'éons masculin et féminin, sorte de gnose valentinienne déterminant par "syzygie" (mariage spirituel) les formes masculines et féminines de la nature divine.
Pour le gnosticisme valentinien, le mariage symbolise le retour du gnostique à l'unité originelle. A la fin du monde, la Sophia s'unira au Sauveur, et les "spirituels", qui sont des substances féminines de la race de la Sophia, formant "syzygie" et conduisant les autres couples, entreront dans le Plérôme, transformé alors en chambre nuptiale (58). Saint Irénée rapporte que les valentiniens avaient un rite mystérieux d'initiation qui était une anticipation de cette union à venir, et pour lequel ils préparaient une chambre nuptiale où l'on introduisait l'initié. Ils appelaient ce rite, fait à l'imitation des syzygies supérieures, "mariage spirituel" (59). Nous retrouvons là des similitudes surprenantes avec le discours de l'abbé de Nantes.
Il n'y a pas non plus d'âme masculine éternelle du Verbe et d'âme féminine du Saint-Esprit, unies dans les noces éternelles qui viendraient subitement s'incarner ici-bas dans des noces de chair. C'est pourtant bien ce que l'abbé de Nantes suggérait lors de son sermon du 8 décembre 1991 (60).
Le premier couple historique fut Adam et Eve, comme il est dit dans la Bible (61), créés dans leur nature humaine complète, âme et corps. Mais ils ont été créés à l'image de Dieu (62), et non à l'image d'un couple éternel, masculin et féminin. S'il est vrai que des analogies peuvent être faites, en aucun cas, l'analogie ne doit réduire le mystère de la Sainte Trinité à l'histoire d'un Père et d'un couple éternel !
Adam et Eve, le couple originel, ayant été entraînés par Satan dans le péché et la disgrâce (63), Dieu voulut rétablir toutes choses ; et comme il avait créé la nature humaine, âme et corps, d'une manière admirable, il pensa la restaurer d'une manière plus admirable encore. Lorsque les temps furent venus, il envoya son Fils Jésus-Christ dans la chair comme Sauveur et Rédempteur, nouvel Adam. Il lui choisit pour mère celle qu'il avait élue et aimée d'une élection et d'une dilection éternelles : Marie, la nouvelle Eve. Fils éternel de Dieu, né du Père avant tous les siècles, il devint Fils de Marie, par une naissance véritable, descendant ainsi d'Adam et Eve, d'Abraham, des Patriarches et de David (64), chair de notre chair, de lignée humaine, de la maison d'Israël. C'est seulement ainsi que nous pouvons parler de ce couple de la grâce, qui fût établi pour accomplir l'ouvre du salut où Marie, nouvelle Eve, accompagnerait Jésus, nouvel Adam, son Fils et son compagnon vers le plus grand moment de l'histoire : la Croix !
C'est à la Croix que Jésus et Marie, âmes et corps, ensemble, ont aimé et ouvré pour le salut du monde ; Jésus par Passion, Marie par compassion ; Jésus en chef pour la Grâce capitale, Marie en médiatrice de toutes grâces; Marie étant la première et la plus belle ouvre du salut, représentant en elle-même toute l'Eglise rachetée. C'est là, à la Croix que s'est fait en toute réalité le mariage mystique et fécond, et non pas dans quelque antériorité imaginaire.
L'unique salut du monde se trouve dans le divin Cour de Jésus né du Cour de Marie, cours de chair, siège de l'amour rédempteur. Le Cour de Jésus et le Cour de Marie sont ces cours vainqueurs qui, transpercés pour nous, triomphent au ciel, maintenant. Nous sommes bien loin de cette contemplation vide d'un couple d'âmes éternelles proposé par l'abbé de Nantes.
Le signe de la Croix n'aurait plus de sens 
"Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" n'a plus de sens s'il s'agit d'exprimer une Trinité composée du Père et d'un couple éternel. Il a d'autant moins de sens que ces trois personnes par leur spécificité ne forment plus un seul Dieu, comme nous l'avons vu dans la première partie.
Il suffit d'écouter le commentaire que fait l'abbé de Nantes sur le sens du crucifix, lors de sa conférence sur le sida, pour comprendre combien sa vision trinitaire s'est éloignée de la théologie du signe de Croix. Nous en proposons un extrait en note (65), ci-dessous.
A l'opposé de l'abbé de Nantes, saint Louis-Marie Grignon de Montfort écrit : "le plus grand "secret du roi, sacramentum regis", le plus grand mystère de la Sagesse éternelle, c'est la Croix (66) [.] La Sagesse incarnée a aimé la croix dès son enfance. Elle ne fut pas plus tôt entrée dans le monde qu'elle la reçût dans le sein de sa Mère, des mains du Père éternel, et qu'elle la mit au milieu de son cour, pour y dominer en disant : [.] Mon Dieu, mon Père, j'ai choisis cette croix étant dans votre sein, je la choisis en celui de ma Mère ; je l'aime de toutes mes forces et je la mets au milieu de mon cour pour en être mon épouse et ma maîtresse (Sg. 8,2)" (67).
Ainsi c'est le couple formé par Jésus et sa Croix que ce grand saint contemple, et non pas un pseudo-couple éternel uni par un baiser mystique qui ne finit pas.
Marie serait venue au monde en s'incarnant, comme Jésus-Christ 
Dans la lettre de janvier 2001, le "frère" Henry de la Croix (68), "en parfait disciple de son Père et Maître" (69) l'abbé de Nantes, traite de ce qu'il appelle "le mystère de la naissance de la Sainte Vierge" (70). Pour commencer, il s'interroge sur les origines de la Vierge Marie : "que nous disent les livres saints sur la naissance de la Très Sainte Vierge ? Rien.. et c'est bien là le mystère !" (71) .
Puis il laisse entendre qu'elle serait apparue dans le monde comme le Fils de Dieu : "sans père ni mère, sans commencement, ni fin, assimilé au Fils de Dieu, Elle apparaît soudainement [.] Mystère de la Conception, très doux : "je fus enfantée"." (72).
Il ne manque plus que les bergers de la crèche qui s'empressent d'arriver : "les bergères montent en pèlerinage à Jérusalem [.] des anges chantent : "bergers, ne craignez pas : elle est née la Vierge qui doit enfanter le Messie. Son nom est Marie" (73).
Défendre une telle incarnation de la Vierge Marie contredit bien évidemment l'enseignement de l'Eglise. La Vierge Marie est une créature uniquement humaine . Elle ne peut pas avoir été créée de toute éternité. Elle reste la fille d'Anne et Joachim, comme le dit la Tradition.
A l'annonciation, Marie aurait commencé par refuser l'enfant à l'Archange 
Selon l'abbé de Nantes, cette Vierge Marie qui est divine, commence par refuser l'enfant qu'on lui annonce, sous prétexte de garder sa virginité : "et quand la Vierge refuse l'enfant que l'Archange lui annonce, pour garder sa virginité, Dieu accepte le sacrifice qu'elle fait et cependant lui gardera sa virginité. C'est la Vierge mère, fait unique dans le monde" (74).
Cette interprétation peut sembler anecdotique. Mais l'enjeu théologique est important là aussi.
Tout d'abord, nous savons qu'à l'annonciation, la Vierge Marie "fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation [.] Marie dit à l'ange "comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ?" (75). Ce passage de Saint Luc ne nous décrit pas une Vierge qui serait "divine", mais plutôt très humaine. Non seulement la Vierge ne refuse pas l'enfant, mais elle montre au contraire un plein consentement et un empressement à faire la volonté de Dieu. Cette libre soumission est le propre de l'amitié entre l'homme et Dieu. Et c'est justement dans cette libre soumission, dans son Fiat salutaire lorsqu'elle répond : "je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe selon ta parole" (76), que se joue tout le sort de l'humanité. C'est Dieu lui-même qui a posé comme préliminaire cette réponse libre de l'humanité, avant de s'incarner parmi nous et venir nous sauver. Et cette réponse, il l'attend de la bouche de Marie, créature uniquement humaine et préservée de tout péché. C'est donc bien par son Fiat que nous ont été ouvertes les portes du salut (77).
Si la Vierge Marie était divine, si elle était un Être créé de toute éternité, son Fiat n'aurait plus aucun sens dans l'histoire du Salut. Dieu se répondrait à lui-même (entre Personnes divines). Nous ne serions plus sauvés.
C'est l'Immaculée qui serait notre premier rédempteur
Pour l'abbé de Nantes, ce n'est plus cette "heureuse faute qui nous valut un si grand Rédempteur" (78), mais cette "heureuse faute, puisqu'elle suscite la Femme, l'Immaculée qui nous donne le Sauveur" (79). La place de "la Femme" devance ainsi celle du Rédempteur. Puis, un peu plus loin, décrivant la "rencontre de Dieu le Père avec Adam et Eve coupables" (80) du premier péché, il est écrit que, lorsque le Père s'adresse à Eve, "son intonation se fait plus tendre [.] à la pensée de la Nouvelle Eve qui, déjà, répare tout le mal par son Immaculée Conception " (81) .
Doit-on en conclure que cette "Immaculée Conception", en tant qu'âme créée de toute éternité, " répare " dès cet instant "tout le mal" du péché originel ? Ce qui est pour l'Eglise, consentement et collaboration de la Vierge Marie à la venue du Salut du monde qui est le Christ, unique chemin vers le Père, est transformé en Source de Rédemption de toute éternité. L'Immaculée conception qui est pour l'Eglise un fruit de la Rédemption apportée par le Christ, prend la place du Sauveur et devient la Rédemptrice, "Celle qui nous conduit au Père" (82). L'abbé de Nantes lui attribue ainsi les mêmes mérites que ceux de son Fils. Jésus n'est donc plus notre Unique Sauveur. La Vierge Marie l'a devancé. La Croix n'a plus de sens, l'Incarnation non plus.
Avec Notre-Dame de Fatima, l'abbé de Nantes invente une "troisième alliance" 
Plus récemment, en avril 2001, une nouvelle doctrine voit le jour à Saint-Parres-lès-Vaudes. Selon le "frère" Bruno (Monsieur Bruno Bonnet-Eymard), "les théologiens catholiques disent qu'il y a eu dans le passé deux alliances : l'ancienne, juive, mosaïque, appelée ancien Testament, et la nouvelle, conclue en Notre Seigneur Jésus-Christ, appelée Nouveau Testament" (83). Mais, et c'est là la nouveauté, "Notre Dame de Fatima [.] en fonde une troisième, avec de grands miracles, "pour que tous croient"". Ainsi "tous les hommes de bonne volonté sont invités [.] à entrer dans une nouvelle Alliance, à fonder sur de nouvelles bases. Voilà ce qu'a dit la Sainte Vierge en 1917" (84).
Et "cette "nouvelle Alliance" mariale" non seulement nous offre "des grâces et des bienfaits très abondants, presque gratuits" (85) mais surtout "nous offre cette ultime chance de salut, sachant que si nous la refusons, il n'y aura plus de rémission pour nous ni pour la terre entière !" (86).
Ainsi Notre Dame de Fatima fonde une "troisième Alliance" pour notre salut, "pour que tous croient". Le Nouveau Testament était donc incomplet. Il nous fallait donc attendre 1917 pour en connaître l'achèvement.
Cela contredit bien évidemment l'enseignement de l'Eglise qui affirme que la révélation est devenue plénière et définitive en Jésus-Christ (Nouvelle Alliance) ; car, comme le dit explicitement le texte du Concile Vatican II, "l'ordre du salut chrétien, qui est l'Alliance nouvelle et définitive, ne passera jamais, et il n'y a plus à attendre désormais de nouvelle révélation publique avant la glorieuse manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ (cf. 1 Tm 6, 14 et Tt 2, 13)" (87).

(1) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 7-14. 
(2) G. de NANTES fait référence à l'ouvrage Soloviev et l'expérience mystique de Mgr RUPP, pages 340-343. 
(3) Si 15, 2 (le thème de l'épouse se retrouve en Sg 8, 2) 
(4) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 8. Ibid. 
(5) Nous en reparlerons dans le chapitre consacré à la Création d' Adam et Eve. 
(6) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 9. 
(7) Ibid. 
(8) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 9. 
(9) Cf. DAMASE I , Lettre à l'évêque Paulin d'Antioche, 375, DH 148. 
(10) GREGOIRE I, Lettre au patriarche d'Alexandrie, 600, DH 476 
(11) Cf. Concile de Rome, "Decretum Damasi", b, DH 178 ou Concile de Trente, 21 e session, 1565, DH 1726 
(12) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 10. 
(13) L.-M. GRIGNON de MONTFORT, "L'Amour de la Sagesse éternelle", Le Livre d'Or , n.13, Nouvelle Cité, Paris 1989. 
(14) Id. n.70. 
(15) Id. n.71. 
(16) Id. n.105. 
(17) L.-M. GRIGNON de MONTFORT, "L'Amour de la Sagesse éternelle", Le Livre d'Or , n.107, Nouvelle Cité, Paris 1989. 
(18) Id. n.108. 
(19) Cf. AUGUSTIN, De Trinitate , t.VII, ch. I-IV, Desclée de Brouwer, Paris 1955. 
(20) Cf. notamment Pr 8, 22-31. 
(21) G. de NANTES, Lettre à la Phalange n.49 (8 décembre 1994) 1. 
Ces lettres "à la Phalange" sont destinées à un cercle plus restreint d'"adeptes", ayant fait leur " acte d'allégeance ", c'est-à-dire leur engagement solennel devant témoins de " leur fidélité à la doctrine, aux sentiments et aux pratiques de la Communion Phalangiste , catholique, royale, communautaire, de contre-réforme et de contre-révolution française " (extrait du "Manifeste de la communion Phalangiste " Lettre mensuelle n.206 (décembre 1984) 1. 
(22) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique" Lettre mensuelle n.342 (janvier 1998) 2. 
(23) G. de NANTES, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 25. 
(24) Id. 28. 
(25) Rappel de la définition de l'Immaculée Conception : " Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu'ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. 
C'est pourquoi, s'il en était, ce qu'à Dieu ne plaise, qui eussent la présomption d'avoir des sentiments contraires à ce que nous venons de définir, qu'ils sachent très clairement qu'ils se condamnent eux-mêmes par leur propre jugement, qu'ils ont fait naufrage dans la foi et se sont séparés de l'unité de l'Eglise, et que, de plus, par le fait même, ils encourent les peines portées par le droit s'ils osent manifester par parole, par écrit ou par quelque signe extérieur, ce qu'ils pensent intérieurement . " Pie IX , 8 décembre 1854, DH 2803. 
(26) Concile d' Ephèse, 431, DH 251. 
(27) H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC, (11 octobre 1994) 5. 
(28) Ibid. 
(29) Ibid. 
(30) Jn, 17. 
(31) Rappel du dogme de l'Assomption : " Nous affirmons, déclarons et définissons comme un dogme divinement révélé que: l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. Par conséquent, si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, osait volontairement mettre en doute ce qui a été défini par Nous, qu'il sache qu'il a totalement abandonné la foi divine et catholique " Pie XII, "Munificentissimus Deus", 1er novembre 1950, DH 3900-3904. 
(32) B. BONNET-EYMARD, adjoint de G. de NANTES, "Résurrection" Lettre mensuelle n.2 ( février 2001) 15. 
(33) Id. 12. 
(34) G. de NANTES, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 26. 
(35) Cf. Catéchisme de L'Eglise Catholique, n.203-213, Mame/Plon, Paris 1992. 
(36) Ex 20,7; Dt 5, 11. 
(37) Cf. G. de NANTES, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 26. 
(38) Cf. Catéchisme de L'Eglise Catholique, n.2142-2155, Mame/Plon, Paris 1992. 
(39) Cf. H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 4. 
(40) Mt 3, 16; Lc 3, 22; Jn 1, 32; Ct 2, 14; Gn 8, 10-11. 
(41) G. de NANTES, Lettre à la Phalange n.49 (8 décembre 1994) 1. 
(42) G. de NANTES, "Sermon de la messe: La colombe du Saint-Esprit", Triduum de la fête de l'Immaculée Conception , 4 cassettes série S 105, 6 h., (8, 9 et 10 décembre 1989). 
(43) G. de NANTES, "Résurrection", Lettre mensuelle n.2 (Février 2001) 17. 
(44) Cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique, n.2083-2141, Mame/Plon, Paris 1992. 
(45) Mt 22, 36. 
(46) Mt 22, 37. 
(47) Mt 4, 10. 
(48) Cf. Lc 1, 28. 
(49) H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 12. 
(50) Lc 1, 28. Forme courante de salut, qui garde son sens originel d'un souhait de joie. On peut aussi le traduire par "Réjouis-toi". 
(51) H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 12. 
(52) Cf. G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.182 (octobre 1982) 16. 
(53) Cf. H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 11-12. 
(54) Id. 3. 
(55) Le baiser mystique est central, pour ne pas dire obsessionnel dans l'esprit de l'abbé de Nantes. Cf. H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 4. 
(56) Cf. G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique", Lettre mensuelle n.314 (août 1995) 1-8. 
(57) G. de NANTES, "Le saint roi David, Père de Jésus-Christ", Enregistrements Spiritualité , 10 cassettes série 113, 15 h. 
(58) Cf. Dictionnaire de Spiritualité, "Mariage spirituel", t.X, Beauchesne Paris 1980, col.389. 
(59) Cf. IRENEE, Adversus haereses I, 21, 3, t.1, éd. W.W.Harvey, Cambridge, 1857, 183. 
(60) Cf. "Los valentinianos y el matrimonio espiritual ", Gregorianum , t.58, 1977, 5-53. 
(61) H. de CRÉMIERS, Lettre adressée à Jacques Mourot, secrétaire général de la CRC (11 octobre 1994) 5. 
Cf. Gn 2, 24. 
(62) Cf. Gn 1, 26. 
(63) Cf. Gn, 3. 
(64) Cf. Mt 1, 1-16. 
(65) G. de NANTES, Extrait de la conférence sur "l'amour chrétien à l'heure du sida", cassettes 2 et 3, octobre 93: " Avant, au dessus du lit du père et de la mère de famille, il y avait un crucifix. Dans ma jeunesse, je me disais, c'est quand même curieux qu'il y ait un crucifix au-dessus du lit où ils font leurs amours (.). Enfin, quand je suis devenu curé, j'ai compris pourquoi. C'est parce que c'est le lit sur lequel l'homme ou la femme sera porté à sa mort et on passera devant ce lit en jetant de l'eau bénite sur son cadavre. Alors, à ce moment là, le Christ, ça prend sa signification. (...) Mais je me demande si on ne pourrait pas mettre au dessus du lit des époux autre chose que le crucifix. On mettrait par exemple le tableau que notre frère Henri a fait, représentant une belle Trinité, avec Dieu le Père qui serre les deux mains de Jésus et de Marie, l'une dans l'autre. C'est vraiment le premier mariage mystique qui soit; c'est un mariage éternel (.) Ainsi quand les époux s'embrasseraient, ils n'auraient qu'à regarder' là-haut et au lieu d'imaginer un Dieu de Colère qui leur dirait : arrête, arrête!, ils verraient ce Bon Dieu avec sa belle barbe blanche qui leur serre la main l'une dans l'autre. Et on aurait toujours le Crucifix quelque part dans le placard pour le sortir le jour du deuil (rires dans la salle)."
(66) L.-M. GRIGNON de MONTFORT, "L'Amour de la Sagesse éternelle", Le Livre d'Or , n.167, Nouvelle Cité, Paris 1989. 
(67) Id. n.169. 
(68) Richard LARIVIERE de son nom civil, a pris l'habit de la communauté le 21 août 1983 au Canada. 
(69) C. RUYER, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 26. 
(70) R. LARIVIERE, dit frère Henri de la Croix, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 25-28. 
(71) Id. 25. 
(72) Ibid. 
(73) R.LARIVIERE, dit frère Henri de la Croix, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 25. 
(74) G. de NANTES, "l'amour chrétien à l'heure du sida" Conférence 6, cassette 3, (octobre 1993). 
(75) Lc 1, 29-34. 
(76) Lc 1, 38. 
(77) Cf. LEON XIII, "Octobri Mense", Encyclique , 22 septembre 1891, DH 3274. 
(78) Exultet de la liturgie de la veillée Pascale. 
(79) G. de NANTES, "Résurrection" Lettre mensuelle n.1 (janvier 2001) 27. 
(80) Ibid. 
(81) Ibid. 
(82) G. de NANTES, "Contre Réforme Catholique" Lettre mensuelle n.133 (septembre 1978) 8. 
(83) B. BONNET-EYMARD, "Résurrection" Lettre mensuelle n.4 (avril 2001) 19. 
(84) Ibid. 
(85) A savoir "la paix dans le monde pour prix d'une consécration de la Russie à son Cour Immaculé" ; l'abbé de Nantes continuant d'affirmer qu'aucun Pape n'a, jusqu'à présent, honoré cette demande venant de Notre Dame de Fatima. 
(86) B. BONNET-EYMARD, "Résurrection" Lettre mensuelle n.4 (avril 2001) 19. 
(87) Concile Vatican II, "Dei Verbum", ch.1, n.4, DH 4204. 