L'historique de la CRC et de sa condamnation
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Dans l'Eglise catholique, il existe trois types de sanctions expiatoires dans l'Eglise: la suspense, l'interdit et l'excommunication.
L'abbé de Nantes fût d'abord condamné suspens ab officio en septembre 1963, par Monseigneur Le Couëdic, évêque de Troyes. Il ne peut plus alors ni enseigner, ni gouverner des âmes. Mais l'abbé de Nantes continue malgré tout à diriger sa communauté, et ses adeptes. |
Puis, il fût condamné suspens a divinis le 25 août 1966. Il ne peut plus alors donner les sacrements.
Ayant fait appel à Rome, l'abbé de Nantes voit sa condamnation confirmée par la Congrégation pour la Doctrine pour la Foi le 9 août 1969 , qui lui demande en outre "une rétractation de ses erreurs et de ses graves accusations d'hérésie portée contre le Pape Paul VI et le Concile". Dans l'attente de cette rétractation, la Congrégation déclare la disqualification de l'ensemble des écrits et des activités de l'abbé de Nantes. Cette décision fût approuvée par le Pape Paul VI lui-même.
Mais en désobéissance ouverte avec son évêque, et avec Rome, l'abbé de Nantes continue de célébrer la messe pour sa communauté et ses adeptes.
A la suite du dépôt du libelle d'accusation pour hérésie portée par l'abbé de Nantes contre le Pape Jean-Paul II, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi renouvelle, le 13 mai 1983 , sa demande de rétractation. Mais l'abbé de Nantes s'obstine dans la désobéissance.
Après de longs mois de tentatives infructueuses pour faire stopper les activités scandaleuses de l'abbé de Nantes, Mgr Daucourt, évêque de Troyes est contraint de publier finalement, le 1 er juillet 1997, un décret d' interdit à son encontre.
Cet interdit repose principalement sur trois motifs :
pour ses "doctrines qui sont en contradiction avec la foi catholique, notamment au sujet de la Sainte Trinité, de la Sainte Vierge Marie et de la Sainte Eucharistie", qui conduisent à un comportement hérétique.
pour "son attitude hostile au Magistère ecclésiastique et à la Hiérarchie catholique" qui conduit à un comportement schismatique.
pour "avoir pris le risque de traduire ses doctrines erronées en comportements moraux inadmissibles de la part d'un prêtre". C'est une accusation de scandale .
L'abbé de Nantes fait alors appel auprès de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Celle-ci répond le 24 mars 1998, qu'elle ne peut "accueillir l'appel" tant que la demande de rétractation de 1969 ne sera pas exécutée.
Loin de vouloir se soumettre à l'Eglise, l'abbé de Nantes fait appel en dernier recours auprès du Tribunal de la Signature Apostolique, c'est-à-dire au Pape lui-même. Le 7 octobre 2000, ce Tribunal rend son verdict. Reprenant la genèse de la situation canonique de l'abbé, il rappelle, entre autres, que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi attend toujours de l'abbé de Nantes "la rétractation de ses erreurs et des accusations d'hérésie portées par lui contre le Pape Paul VI et le 2 ème Concile Vatican II". Ces conditions préalables n'étant pas remplies, le Tribunal rejette " dès le seuil " l'appel de l'abbé, pour "manque de fondement".
Les deux appels ayant été rejetés, l'abbé de Nantes n'a plus de recours possible. L'interdit entre alors en vigueur.
Le texte du Tribunal de la Signature Apostolique est remis à l'abbé de Nantes au mois de décembre 2000 dans sa version latine, et début janvier 2001 dans sa traduction française.
Et dans un communiqué du 21 avril 2001, Mgr Stenger, évêque de Troyes, déclare que "les sanctions établies par le décret de l'évêques de Troyes en date du 1 er juillet 1997, à savoir la suspense a divinis et l'interdit, continuent à être en vigueur".
L'abbé de Nantes ne peut plus dès lors accéder aux sacrements, tant que cette sanction ne sera pas levée.